L’église

Mar 24, 2021Patrimoine0 commentaires

Église Notre Dame de Calvias.

D’après les notes manuscrites de l’Abbé Denoves – 1939.

Elle fut construite fin XIIe siècle dans des proportions plus modestes que la construction que nous avons sous les yeux, pour une population ne dépassant pas 600 âmes.

Entrons !

L’église ne comportait à l’origine que les trois travées du haut à partir du sanctuaire, sans aucune chapelle latérale. Face à nous, un mur où s’adossait l’autel primitif en plâtre occupait vraisemblablement toute la première travée.

Derrière nous, un simple mur du côté du couchant constituait la façade principale dans laquelle s’ouvrait la grande porte d’entrée. Devant la grande porte, une place assez peu étendue continuée par un chemin de ronde isolait l’église des habitations d’alentour.

À l’époque la plus florissante du Moyen Âge et durant la cinquantaine d’années suivantes, sous les dalles assez grossièrement ajustées et sur l’espace de la placette, les ancêtres avaient fait le choix de se faire enterrer.

 

À notre gauche, la première chapelle latérale dédiée à saint Nicolas fut construite en 1504 par le prieur, curé de Malemort, Messire Conrad BONADONA ainsi que le caveau pour la famille BONADONA. Elle devint courant XVIIIe siècle la chapelle saint Joseph, nom qu’elle porte toujours . – Début du XVIIe siècle – 1609 -1610.

Le mur oriental de la nef fut démoli et remplacé par une chapelle latérale où on trouvera un nouveau maître-autel en plâtre.

À droite du sanctuaire, construction de la chapelle du Crucifix.

A gauche, face à la chapelle du Crucifix, la chapelle dédiée à sainte Anne, qui changera de nom plusieurs fois: chapelle du saint Scapulaire, puis de sainte Philomène, du saint Esprit,et  où aujourd’hui trône le Sacré Cœur de Jésus qui lui a donné  son nom actuel de chapelle du Sacré Cœur.

Quelques dates

– 1611 – Coté gauche du sanctuaire, en avant de la chapelle du Sacré Cœur, construction du clocher pyramidal à 8 pans. Septembre 1611, installation des cloches. Novembre 1611, pose d’une horloge dans l’espace de la pyramide du clocher.

– 1612 – Achèvement de la toiture dallée de l’église et dallage des nouvelles chapelles.

– Vers 1650, à votre droite et face à la chapelle saint Joseph, ajout de la chapelle du saint Rosaire. Elle restera jusqu’après la révolution séparée par un mur de la chapelle du Crucifix.

– 1701 – 1702 – Construction de 12 caveaux dans le sous-sol de la grande nef pour les habitants, un 13ème pour le curé et ses successeurs dans le fond du sanctuaire, ainsi qu’un autre à la chapelle sainte Anne.

Nous sommes au XVIIIe siècle, la population de Malemort s’est considérablement accrue et se maintient très pratiquante dans sa majorité.

– 1703 – 1712 – 1719. Construction de nouvelles tombes deux par deux et successivement devant chaque chapelle.

– 1737 – La construction d’une tribune (provisoire) dans le fond de l’église se révèle insuffisante.

– 1750 – Après l’acquisition de tous les immeubles qui se trouvent tout proches, l’ église est prolongée d’une quatrième travée avec tribune et gradins, pourvue d’une nouvelle façade et d’une nouvelle porte (c’est la porte actuelle).

Ajout de deux nouvelles chapelles, celle de gauche dédiée aux Àmes du purgatoire et celle de droite dédiée à Notre-Dame des sept douleurs et à sainte Anne.

L’accès plus modeste de la porte latérale est déplacé et le tout sera complété par un escalier en colimaçon qui donne accès à la couverture et au clocher. En  Juillet 1783 Malemort compte 1600 habitants.

L’église pendant la Révolution.

Les troubles de la période révolutionnaire ont conduit à la vente « comme biens nationaux »   du batiment et des aménagements intérieurs de l’église. La Société Populaire prend possession du bâtiment entièrement vidé de son contenu pour les réunions. Un nouveau culte, celui de la Raison ( de Robespierre ) y est instauré.

La marque en reste gravée sur le fronton de la façade par la devise « le Peuple françois reconnaît l’Être Suprême et l’immortalité de l’âme » apposée le 9 prairial 1794 pour préparer la fête de l’Être Suprême par la Convention le 17. Culte éphémère  interrompu par la chute de Robespierre en Juillet de la même année et la disparition de la Société Populaire Malemortaise.  Le bâtiment de l’église devenu inutile sera loué comme grange jusqu’à ce que les autorités permettent la reprise du culte catholique en 1796. Étant donné le délabrement du bâtiment, il faudra attendre 1803, après le concordat de 1801 pour une réouverture officielle de l’église réaménagée en 1802 avec l’installation d’un nouveau maître-autel et son retable en bois doré. ( maître-autel attribué à l’atelier BERNUS de Mazan)

Le maître-autel et son retable en bois doré.

Datés de 1746 ils sont classés aux monuments historiques. Ils ont été sculptés par les successeurs du célèbre Jacques BERNUS ( 1680 – 1728 ), son frère Joseph, ou son neveu Philippe, sculpteurs comme lui pour la chapelle  Sainte Garde des champs de Saint Didier. La commande aurait été passée par un honorable Malemortais, Paul Gaspard DEPONTES, nommé 9ème Supérieur Général des anciens missionnaires Gardistes, après le décès de Messire De Salvador ( décédé le 26 Novembre 1745).

Paul Gaspard DEPONTES, fut premierConsul de Malemort à peine âgé de 27 ans. Il ne devint prêtre et missionnaire qu’après avoir largement dépassé la trentaine. Cette nouvelle chapelle de Sainte Garde achevée en moins de deux ans, où bientôt notre maître-autel faisant corps avec son retable fut solennellement consacré par Monseigneur D’INGUIMBERT, évêque de Carpentras le 24 Septembre 1747.

Miraculeusement épargné par la tourmente révolutionnaire, caché dans du foin, l’ensemble a été acheté à un particulier en 1802 par les Malemortais pour remplacer le mobilier de l’église entièrement disparu au moment de sa fermeture en 1795.

À la révolution, le bâtiment de sainte Garde, vendu comme bien national, était devenu une verrerie.

Notre maître-autel et son retable, transportés dans des charrettes, seront remontés entièrement dans le sanctuaire de notre église. Le maître-autel sera placé en avant du retable laissant un espace pour les chantres. Le grand tableau qui se trouve sur le retable a été offert à la Restauration par les évêques de Carpentras et proviendrait de leur résidence de saint Félix. Les paroissiens crurent longtemps avoir la représentation de saint Félix, Pape, patron de la paroisse (avec saint Antonin). Le tableau représente en fait saint Pie V dans l’épisode du « crucifix miraculeusement animé » sur fond de la fameuse bataille de Lépante (sainte alliance contre les Turcs) en 1571. Le tableau d’origine représentant la Vierge Marie se trouve dans l’église de Saint Didier.

En 1812,  par commande aux ateliers BERNUS , le maître-autel sera complété de 2 étages supplémentaires ainsi que d’ éléments décoratifs au dessus du tabernacle, éléments symbolisant les Évangélistes: aigle de saint Jean, lion de saint Marc, taureau de saint Luc, homme métamorphosé en ange de saint Mathieu. Les anges adorateurs que nous pouvons voir de part et d’autre sur le maître-autel sont comparables à ceux de la cathédrale de saint Siffrein que Monseigneur DE BICHY  avait commandés à Jacques BERNUS.

 

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