La ferme autrefois

Mar 31, 2021La ferme autrefois, La grange, Nouveau0 commentaires

La ferme est en principe une exploitation agricole, comportant une habitation pour les hommes, des dépendances pour les animaux domestiques ou l’élevage d’un cheptel.

Bien entendu, elle s’établissait en campagne au plus proche du lieu du travail de la terre à la condition essentielle et indispensable d’y avoir trouvé un point d’eau. On faisait appel aux devins, aux sourciers, aux puisatiers pour trouver ce précieux liquide.

Sur notre territoire on appelait ces fermes « granges ». Elles étaient en principe assez importantes car outre la maison d’habitation il fallait avoir des espaces, des dépendances annexes variables en fonction de la surface des terres disponibles, du stockage du matériel agricole nécessaire à l’exploitation agricole et à l’élevage des animaux (écurie, étable, porcherie, poulailler, grenier à foin, bûcher…)

 

Dans les recensements des années 1700-1800 et jusqu’à la fin du XXe siècle, le chef de ces exploitations agricoles était nommé «granger» et non cultivateur. Dans d’autres manuscrits, on distinguait le cultivateur du propriétaire, ce dernier étant le propriétaire des biens, lequel employait le cultivateur, un fermier ou un métayer pour travailler les terres.

Beaucoup de quartiers en campagne portent le nom ou surnom du propriétaire de la grange ou le nom de l’ancien domaine. À Malemort nous avons par exemple les quartiers des « Neyrons », « La Barnabelle », « La Bertière », « Rigoy », « Radisson » ou « La Gavoite »… ( cf le livre sur Malemort du Comtat – Essai de toponymie )

Les habitants de la ferme étaient, en principe, le chef de famille, sa femme, les enfants, les grands parents et les commis. Chacun avait un rôle bien défini. Habituellement, le couple travaillait aux champs, le grand-père s’occupait du potager, la grand-mère du ménage et de l’entretien des habits. Enfants et grands-parents devaient nourrir les animaux domestiques. Le pain quotidien était fabriqué et cuit à la ferme pour plusieurs semaines dans un four approprié et conservé dans la panetière suspendue à l’abri des rongeurs.

En octobre, novembre, on tuait le cochon. Les cochonnailles donnaient lieu à beaucoup de travail et l’entraide entre voisins ou parents était nécessaire. La charcuterie obtenue : jambons, rôtis, saucissons, saucissettes, andouiches (saucisses de couenne), boudins, pâté, devait pouvoir durer jusqu’aux prochaines cochonnailles. L’alimentation quotidienne de la famille pouvait compter sur les légumes du potager et les lapins et volailles de la basse-cour. La campagne giboyeuse de cette époque apportait une variante appréciable au menu avec lapins de garenne, lièvres, cerfs et oiseaux migrateurs. Même la pose de collets était tolérée à condition de ne pas sortir de son propre terrain agricole. À la ferme on possédait fusils et carabines, même les femmes savaient s’en servir. Les cartouches étaient fabriquées à la ferme, le soir, pendant les longues soirées d’hiver.

La modernisation des pratiques agricoles et la diminution du nombre d’agriculteurs a entrainé la perte d’usage de nombreuses granges. De leur abandon subsistent quelques ruines.

Dans les livres anciens sur notre territoire est citée la ferme ou grange de Ratonneau du père Eymenier qui servait de maladrerie pour les gens qui fuyaient Carpentras dans les années de peste de 1630.

En 1864 un cahier des charges est dressé pour la ferme et les bâtiments communaux des « Patys ». La communauté composée d’hommes qui gérait le village devait assurer aux villageois la possibilité d’avoir de la viande à un prix accessible à tous, d’où un troupeau (bovin et ovin) communal. Au XXème.s cette ferme deviendra l’exploitation « du blanc des Patys » grâce à sa source. (cf « Vieilles industries malemortaises »)

Les moyens de communication (agrandissement des chemins et des routes) ou de locomotion (charrettes – automobiles) vers d’autres villages et villes, et surtout les marchés, les foires, transformeront complètement ces habitudes.

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