Les moulins à huile de Malemort

Déc 23, 2025Malemort autrefois, Patrimoine0 commentaires

 
Les moulins à huile de Malemort

 

La culture de l’olivier fait partie de l’histoire locale, de notre terroir, de notre paysage. Malemort, environné de collines avec des terrasses cultivables bien ensoleillées se prête à la culture de l’olivier. Nous avons la preuve écrite qu’au XVIème siècle déjà la communauté de Malemort disposait de trois moulins à huile dont les meules étaient mues par des mulets ou ânes et les pressoirs par des hommes. Ces moulins étaient appelés « moulins à sang »  par opposition aux « moulins à eau » ou « moulins à vent ». Les premiers moulins étaient au centre du village, dans l’enceinte des remparts :

 

 

Le petit Moulin

Il était situé dans le prolongement de la rue basse, à droite devant le parking du vieil hôpital, entre l’ancien four banal et la maison appelée « château », dont la façade côté boulevard Félix Gras vous offre la vue de la dernière tour visible de nos remparts. En 1776, il fut transformé en moulin à « chapelle » ou en « oratoire », noms que lui faisait donner la haute voûte de pierre de taille dans laquelle venait s’encastrer « le ban », grosse poutre transversale percée d’un écrou où jouait la vis qui pressait les couffins d’olives détriquées.

Anecdote :

il se trouva qu’en édifiant le massif de renfort de ce moulin en prenant sur le rempart on ôta le soleil à la demeure du Chanoine Michel Ignace OLIVIER ( à Malemort de 1777 à 1794 propriétaire du « château des Bonadona»), qui protesta énergiquement.

 

 

Le moulin des os :

Dénommé aussi « moulin Neuf », car transformé en moulin à huile en 1756 sur un bâtiment qui avait été autrefois un jas ou bergerie communale exploitée par la boucherie du lieu. Nos recherches nous ont confirmé que les os, sabots, etc..étaient autrefois broyés, d’où son nom, et le résultat pouvait être épandu dans les jardins et terres comme engrais. C’était une pratique courante car des « moulins des os » sont connus dans d’autres villages  comme Caromb et Beaumes-de-Venise. Le bâtiment était autrefois surmonté d’une tour dont les appartements hauts étaient donnés en location par la Communauté qui possédait ce moulin. Le moulin aurait fonctionné jusque vers les années 1925/1930 avec deux autres moulins plus récents, et hors les remparts : « le moulin Chivallier » situé chemin de Pra-marri et le « moulin Neyron » remise désaffectée située sur le cours, en face du parking des écoles.

 

 
 

 Anecdote: 

Racontée par Gaby Jacques qui y allait avec son père chercher « l’huile des enfers ». Après être passée dans un boyau très sombre, elle se souvenait d’un petit âne attaché à une noria qui tournait autour d’un puits où la meule écrasait les olives. L’âne portait un bonnet qui lui cachait les yeux, très certainement pour qu’il n’ait pas peur ou ne soit pas distrait. L’huile d’enfer, comme son nom l’indique, était récupérée à la surface des « enfers » ou réservoirs de recueil de la partie aqueuse ou margine : ce résidu de mauvaise qualité était utilisé pour l’éclairage ou la savonnerie.

Le grand moulin, situé dans les caves de l’ancienne maison consulaire ou mairie construite en pierres de taille. Grande bâtisse sur la gauche après le portail de la République.

Le moulin Chivallier, de Pra-Marri a fermé en 1933. La meule déplacée devant l’habitation a longtemps été utilisée comme table de jardin.

Le moulin Neyron, a fonctionné jusqu’aux gels de 1956 qui anéantirent une grande partie des oliveraies de la région.

Le moulin à huile « la colombe »

 

La Coopérative Oléicole de  La Colombe » construite en 1933/1934 par une poignée de producteurs. C’est le dernier moulin à huile de Malemort qui subsistera après les gelées de 1956. Il est situé en limite du village sur la route de Malemort-Blauvac-Mazan, route des Plâtrières. La Coopérative produit une huile d’olive vierge de première qualité appréciée par les connaisseurs. Le bâtiment de 1934 a évolué au cours des années, quasiment doublé. Il est équipé d’un matériel moderne et performant, même s’il a conservé le procédé de fabrication original et traditionnel : broyage à meules et véritable pression à froid.

 

 

 
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Les étapes successives pour une bonne huile d’olive:
  • Apport d’olives « aglandau » ou verdale de Carpentras uniquement. 5 kgs environ d’olives pour 1l d’huile.
  • Stockage de 3 à 4 jours maximum.
  • Lavage des olives.  
  • Broyage et malaxage par des meules de granit.
  • La pâte obtenue est répartie sur des « scourtins » en nylon, ( autrefois en fibre de coco).
  • Pressurage et extraction par des presses hydrauliques ( 400kg/cm2)
  • Centrifugation qui sépare l’huile et l’eau ( 6200t/mn)

Le moulin est ouvert au public les matins du lundi, mardi, jeudi et vendredi ( sauf prise de congés ) pour la dégustation et la vente de l’huile, ainsi qu’aux coopérateurs pour retirer leur huile si besoin. Merci aux coopérateurs, aux administrateurs, aux travailleurs du moulin pour la fabrication de ce produit merveilleux : l’huile d’olive, reine de la cuisine méditerranéenne et excellente pour la santé. Elle est utilisée également comme cosmétique, sert à huiler des pièces qui grincent. Un produit utile dans bien d’autres domaines.

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